Le changement d’alliance de classe du PS

Dans un article récent, Frédéric Lordon reproche au PS d’être passé d’une politique d’accompagnement du capitalisme néolibéral à une politique au service du capital, baptisée « socialisme de l’offre» Au-delà de la honte que cette rupture idéologique constitue, il montre qu’elle se révèle profondément inefficace pour répondre à la crise.

Impasse de la compétitivité

Les politiques menées se révèlent profondément inefficaces puisque la crise de 2007-2008 n’est nullement une crise de l’offre mais une crise de la demande. La chute de Lehman Brothers est en effet liée à l’insolvabilité des ménages américains, dans une économie financiarisée reposant sur l’endettement. Par ailleurs, les stratégies de compétitivité, forcément non-coopératives, n’ont aucun effet quand elles sont menées par tous les pays en même temps, si ce n’est tuer la demande. Elles sont particulièrement nocives en Europe, où l’essentiel du commerce extérieur des Etats européens est un commerce intra-européen.

L’impasse de la flexibilité

La politique de flexibilité du gouvernement est socialement désastreuse et néfaste économiquement. L’ANI permet au gouvernement de valider un rapport de force défavorable aux salariés, tout en en laissant la responsabilité aux « partenaires sociaux », dont l’expression même témoigne d’un refus d’admettre le conflit entre le capital et le travail. Dès lors qu’il y a conflit, c’est la loi qui permet de le trancher et d’offrir la meilleure protection aux salariés. Même sur le plan économique strico sensu, cette loi ne changera rien puisque ce n’est pas de flexibilité que les entreprises ont besoin mais de demande. Charges ou pas, un chef d’entreprise raisonnable n’investira que s’il anticipe une demande suffisante. Enfin, cet accord s’attaque à tout ce qui a servi d’amortisseurs à la crise, à savoir les prestations sociales, et des salaires déconnectés de la conjoncture économique immédiate, qui permettaient d’éviter un effondrement brutal de la demande dans un contexte de chômage.

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A propos Romain Masson

Ancien enseignant d'histoire-géographie, passionné par le débat d'idées, je tente de penser en dehors des clous pour comprendre un monde devenu complètement fou. Je continue de croire que le savoir et la culture sont le meilleur rempart à la bêtise.
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