La crise humanitaire en Centrafrique

Le 24 mars 2013, le président Bozizé qui dirigeait la Centrafrique depuis 2003 a été renversé par la Seleka de Michel Djotodia. Depuis, le pays est plongé dans des affrontements extrêmement violents entre les rebelles de la Seleka et leurs opposants, les milices « anti Balaka ». C’est pour faire face à cette situation de crise et empêcher les massacres que la France a déclenché, le 5 décembre 2013, l’opération Sangaris avec l’accord de l’ONU.

 Les causes de l’effondrement du pays sont pourtant multiples. Bien qu’il s’en défende, le président Bozizé a soutenu la déstabilisation du pays depuis les pays voisins – Cameroun, RDC, Soudan du Sud, Ouganda. L’abandon du nord du pays depuis des années a été renforcé par les pillages des rebelles dès leur entrée à Bangui en mars 2013. Après leur conquête du pouvoir, les rebelles ont mené une campagne de terreur en multipliant les massacres : un Centrafricain sur cinq a dû fuir son domicile. L’extrême violence des combattants de la Séleka a conduit à une réplique de leurs opposants, les milices anti-Balaka, qui se sont livrés à des crimes ignobles contre les musulmans, accusés d’être complices du régime. Actuellement, la protection à Bangui des musulmans de Centrafrique ne dépend que des soldats africains de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca) et des militaires français de l’opération Sangaris. Les troupes internationales ont empêché des massacres de grande ampleur mais le manque d’effectif reste criant.

La situation de la Centrafrique entre dans une nouvelle phase d’incertitude avec la recherche d’un nouveau président de transition. Si Djotodia avait prétendu dissoudre la Séléka et se poser en protecteur du caractère laïc de la Centrafrique, les rebelles tiennent toujours les leviers sécuritaires et les crimes se poursuivent contre les populations chrétiennes. Suite au départ de Djotodia le 10 janvier, sous pression de la France et du Tchad, l’ancienne maire de Bangi Catherine Samba-Panza a été élue présidente de transition de la Centrafrique le 20 janvier, en attendant les élections qui se tiendront à l’automne 2014.

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A propos Romain Masson

Ancien enseignant d'histoire-géographie, passionné par le débat d'idées, je tente de penser en dehors des clous pour comprendre un monde devenu complètement fou. Je continue de croire que le savoir et la culture sont le meilleur rempart à la bêtise.
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